01/03/2015

ARABIE SAOUDITE : DES IKHWAN AUX DJIHADISTES

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« Ô croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens, ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs », avertit le Coran (sourate V, versets 51 à 53). Une lecture littérale, en-dehors de tout contexte historique, de cet extrait du livre sacré pour les musulmans constitue une grave menace pour les pétromonarchies du Golfe. Al Qaïda, Daesh ou Boko Haram ne sont pas, en effet, une création ex nihilo. Non seulement ces sanglants mouvements terroristes ont été financés par ces dernières mais ils puisent leur idéologie dans le courant politico-religieux, qui fonda l’Arabie saoudite, le wahhabisme. Cependant, la créature échappe aujourd’hui à son créateur, d’autant que le wahhabisme contient en lui-même le gène qui peut détruire la dynastie des Saoud : le prince peut être destitué s’il contrevient à la volonté divine. Or, les djihadistes s’apparentent désormais aux Ikhwan, "frères" en arabe, mélange de secte fanatisée et d’armée de mercenaires, du début du XXe siècle, incitant Ryad à se placer sous la protection des Etats-Unis, pays qu’elle a soutenu contre l’Irak. L’Arabie saoudite a même permis le bombardement de la centrale nucléaire irakienne d’Osirak en 1981, fermant volontairement les yeux lors de l’audacieux raid aérien israélien. Ce n’est donc pas un hasard si la famille régnante a entamé l’an dernier l’édification d’une "grande muraille", une barrière de protection accompagnée d’un système de surveillance électronique qui s’étendra sur plus de 950 km le long de la frontière irako-saoudienne¹, car la menace est maintenant aux portes du royaume tandis que les critiques contre la monarchie sont de plus en plus vives, ses détracteurs s’appuyant sur le Coran pour contester sa légitimité, citant à l’envi pour la discréditer qu’« En vérité, quand les rois entrent dans une cité, ils la corrompent et font de ses honorables citoyens des humiliés. Et c'est ainsi qu'ils agissent » (sourate XXVII, verset 34).


¹ « Arabie Saoudite : un mur pour contre l’organisation de l’Etat islamique le long de la frontière irakienne » in 20 Minutes avec AFP, 19 février 2015.

http://www.20minutes.fr/monde/1520371-20150119-arabie-sao...

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15/02/2015

VENDU ?

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La vente du Rafale à l’Egypte a été bouclée en un temps record. Mais le client est-il solvable ? Depuis 2011, tous les indicateurs économiques de ce pays sont au rouge : croissance atone, chute des revenus du tourisme, recul des investissements étrangers, crise énergétique chronique, pauvreté (40 % de la population) et chômage élevés, dramatique spirale d’endettement (dette publique proche de 95 % du PIB en 2015) et de déficits, instabilité politique endémique… L’économie égyptienne ressemble à un gros paquebot à la dérive. Le naufrage est, pour l’instant, évité grâce au soutien financier du Conseil de coopération du Golfe ; ce sont près de vingt milliards qui sont venus des pétromonarchies (Arabie saoudite, Emirats arabes unis et Koweït). C’est donc un pays sous perfusion qui devra débourser cinq milliards d’euros environ, soit ce que rapporte annuellement le canal de Suez à l’Etat égyptien, pour satisfaire son rêve aérien. Heureusement pour Dassault, Le Caire va négocier un crédit auprès d’un pool de banques mené par le Crédit agricole, accompagné de la Société générale et BNP Paribas, même si ces dernières ont vendu leurs filiales égyptiennes en 2013. En outre, Paris a accepté de garantir la moitié de ce crédit bancaire, via la Coface. Comble d’ironie, cet organisme a attribué un C à l’Egypte, une évaluation sur une échelle de sept niveaux, A1, A2, A3, A4, B, C et D, dans l’ordre croissant du risque de défaut de paiement.* Notre cher Rafale n’a visiblement pas de prix…

 

* Coface

http://www.coface.fr/Etudes-economiques-et-risque-pays

08/02/2015

MARINE PRÉSIDENTE ?

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Marine Le Pen est créditée, par des instituts de sondage, de 30 % des suffrages au premier tour de la présidentielle de 2017 mais échoue systématiquement au second, quel que soit le candidat face à elle. Bien évidemment, les sondages ne font pas les élections mais ils prouvent que le Front national ne fait pas l'unanimité dans notre pays, au contraire ! Pour accéder au pouvoir suprême, ce parti sulfureux, pour ne pas dire répulsif, doit donc miser sur une forte abstention, qui lui profite toujours indirectement, et une alliance avec la droite, aujourd'hui déchirée à son sujet.