25/04/2015

PRIMAIRE SOCIALISTE : BIS REPETITA PLACENT ?

 primaire PS 2011.jpg

« La primaire ouverte de 2011 a permis à la gauche de sortir des querelles de leadership dans lesquelles elle était enferrée depuis le retrait de Lionel Jospin de la vie politique le 21 avril 2002 », constate Terra Nova dans une étude à ce propos.¹ Ce fut un indéniable succès démocratique puisque près de trois millions de citoyens y participèrent à l’époque, désamorçant par la même occasion la « machine à perdre » socialiste.  « La primaire a par ailleurs fonctionné comme un formidable accélérateur dans la carrière de ceux qui n’étaient encore que des outsiders de la vie politique nationale », note la fondation progressiste. Manuel Valls y avait recueilli moins de 6 % des voix, ses propositions n’ayant pas rencontré d'échos… si ce n'est à droite !² Or, n’est-il pas Premier ministre aujourd’hui ? En outre, au vu du tripartisme de la vie politique française, du fait de la montée en puissance du Front national de Marine Le Pen, s’impose désormais l’idée d’une primaire de coalition, depuis le Front de gauche aux écologistes. Selon Terra Nova, cette dernière a deux vertus cardinales : d’abord, l’unification des partis de gauche afin d’éloigner le spectre de l’élimination au premier tour de 2002, ensuite, la mobilisation du « peuple de gauche » autour d’un candidat unique. Cependant, cette formidable expérience démocratique pose la question du président sortant : « s’il voulait être candidat à sa succession en 2017, François Hollande devrait-il et pourrait-il passer par une nouvelle consultation des sympathisants de gauche dans le cadre d’une élection primaire ? » Si les statuts actuels du Parti socialiste valident le principe de la désignation du candidat à l’élection présidentielle par une primaire citoyenne (article 5.3.1), ceux-ci pourraient être modifiés lors du prochain Congrès national en juin prochain ; une telle perspective serait, bien évidemment, une aberration au moment où l’UMP s’apprête à organiser sa primaire.³ Pour contourner la difficulté, le think tank socialiste propose de modifier l’organisation et le mode de scrutin de la primaire ouverte, suggérant, par exemple, de substituer le scrutin majoritaire à deux tours par la méthode du « jugement majoritaire » à un tour où l’on ne choisit plus un candidat... mais on note les candidats. Finalement, pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ?

 

¹ Alain Bergounioux, Anne-Lorraine Bujon, Michel Balinski, Rida Laraki et Thierry Pech, « Primaires : et si c’était à refaire ? » in Terra Nova, 25 avril 2015)

http://www.tnova.fr/note/primaires-et-si-c-tait-refaire

 

² Nicolas Barotte, « Primaire PS : déception pour Manuel Valls » in Le Figaro, 9 octobre 2011.

http://www.lefigaro.fr/politique/2011/10/09/01002-2011100...

 

³ « Hollande approuverait les primaires PS pour 2017 » in Le Figaro avec Reuters, 20 novembre 2014.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/11/20/97001-201411...

 

Nicolas Chapuis, « La perspective d’une primaire socialiste pour 2017 s’éloigne » in Le Monde, 25 avril 2015.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/04/25/la-per...

PRIMAIRES À GAUCHE ?

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« François Hollande est le candidat naturel de la gauche », d’après François Lamy, député socialiste de l’Essonne.¹ Proche de Martine Aubry, cet ancien ministre de la Ville sous le gouvernement Ayrault s’oppose à l’organisation de primaires à gauche en prévision de 2017. Un positionnement en échange d’un nouveau maroquin ? Néanmoins, n’est-il pas étrange pour un élu socialiste de refuser de donner la parole aux sympathisants de base, les mêmes qui avaient porté aux nues François Hollande en 2011 ? Ce dernier aurait-il aujourd’hui quelque chose à se reprocher pour se défier ainsi de ses électeurs ? Le Parti socialiste n’est pourtant pas un parti bonapartiste et il ne partage pas non plus le culte du chef à l’instar du Front national. Dès lors, où est la cohérence ? Pourquoi la gauche n’aurait-elle pas demain le choix de son candidat alors que la droite adopte à son tour cet exercice démocratique que sont les primaires ?

 

¹ Jim Jarrassé, « François Lamy : "François Hollande est le candidat naturel de la gauche" » in Le Figaro, 3 avril 2015.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/0...

18/03/2015

FN : L’HYPOCRISIE DE L’UMPS

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UMPS : plus qu’une antienne, un slogan pour le Front national, presque une marque déposée ! Mais au-delà de la diatribe politicienne, l’extrême droite sait qu’une alliance avec l’UMP est la clé de son succès. (1) En 2012, Marine Le Pen avait rejeté avec dédain le maroquin que lui proposait Nicolas Sarkozy pour obtenir les faveurs de l’électorat frontiste. (2) Aujourd’hui, malgré son discours de façade, elle a conscience de la vacuité d’un tel positionnement politique, véritable suicide dans sa course au pouvoir. (3) D’ailleurs, le Front national travaille à l’élaboration d’une charte à destination de ses candidats tentés par une entente avec ceux de l’UMP pour le second tour des élections départementales. (4) Finalement, loin du parti anti-système qu’il revendique être, le FN n’est en réalité qu’une excroissance maligne de la droite.

 

(1) Laurent Opsomer, « FN : un dépendant » in Double Neuf, 14 septembre 2013.

http://doubleneuf.nordblogs.com/archive/2013/09/14/fn-un-...

 

(2) B.L., « Marine Le Pen ministre de Nicolas Sarkozy ? » in Le Nouvel Observateur, 9 octobre 2012.

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20121009.OBS5049...

 

(3) Laurent Opsomer, « Marine présidente ? » in Double Neuf, 8 février 2015.

http://doubleneuf.nordblogs.com/archive/2015/02/08/marine...

 

(4) « Départementales : une charte des alliances UMP-FN » in Valeurs actuelles, lundi 16 mars 2015.

http://www.valeursactuelles.com/politique/une-charte-des-...