04/11/2015

PAUVRETÉ = RADICALITÉ ?

Pauvreté, Nord, Pas-de-Calais, Picardie, Insee, Martine Aubry, Marine Le Pen, MLP, FN, Front national, vote, pauvres, électeurs, région, élections régionales, 2015

http://www.dailymotion.com/video/x3b6slk

« Un million de personnes sous le seuil de pauvreté en Nord-Pas-de-Calais-Picardie », tel est le rude constat de l’INSEE.¹ Non seulement la nouvelle région compte 18 % de pauvres, soit 4 points de plus que la moyenne nationale, mais ses habitants ont le niveau de vie le plus faible en France métropolitaine ! Comme le soulignait Martine Aubry l’an dernier, « on ne fait pas de deux régions pauvres une région riche ». Mais la fusion de nos deux régions pauvres fera-t-elle le bonheur de Marine Le Pen demain ? Cette désespérance sociale alimente-t-elle le vote FN ? Assurément ! Les pauvres sont-ils les électeurs frontistes ? Sûrement pas ! La pauvreté, très marquée dans les grands pôles urbains, touche particulièrement les cœurs de ces grands pôles ; elle frappe plus de trois individus sur dix à Maubeuge, Creil et Boulogne-sur-Mer. En revanche, les espaces périurbains accueillent une population relativement plus aisée ; en périphérie, une personne sur dix est pauvre. Or, c’est dans cette « France périphérique », croquée par le géographe Christophe Guilluy en 2014, que le Front national enregistre ses meilleurs scores, là où il n’y a pas de populations immigrées récentes.² Ce sont aussi dans ces territoires que la remise en cause des politiques sociales devient majoritaire alors qu’au sein de notre nouvelle région, près de la moitié du revenu disponible des plus démunis provient des prestations sociales.³

 

¹ Mathieu Lecomte, « Un million de personnes sous le seuil de pauvreté en Nord-Pas-de-Calais-Picardie » in Insee Flash Nord-Pas-de-Calais n°19 de novembre 2015.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=19&...

 

² Sandra Moatti, « Le Front national et la géographie du malaise français » in L’Economie politique n°68 d’avril 2015, pages 5 et 6.

 

³ Régis Bigot, Emilie Daudey et Sandra Hoibian, « En 2014, le soutien à l’Etat-Providence vacille » in Crédoc, Note de synthèse n°11 de septembre 2014.

http://www.credoc.fr/pdf/Sou/Note_de_synthese_N11_Pauvete...

17/03/2015

30 % ?

FN défilé.jpg

« Les sondages, c'est formidable : on ne te dit pas comment voter. On te dit simplement comment tu as l'intention de voter. Et, ensuite, tu votes selon cette intention », ironisait avec gouaille Michel Colucci.¹ Or, si le Front national avoisine les 30 % d’intentions de vote dans les sondages², que pèse-t-il réellement dans la société ? La population française s'élève à 66 millions d'habitants. Sur ce total, il y a 44.600.000 électeurs. Si l'abstention, premier parti de France, atteint 50 %, soit presque le niveau record des précédentes élections cantonales³, il ne reste que 22.300.000 votants. Imaginons de surcroît qu'il n'y ait aucun bulletin nul ou blanc, le parti de Marine Le Pen avec 30 % des suffrages exprimés rassemble donc 6.690.000 personnes, un maximum, soit 15 % du corps électoral ou un peu plus de 10 % de la population française. C’est tout sauf une majorité des Français. Mieux, c’est un chiffre stable par rapport aux élections précédentes.* Finalement, comme disait Coluche, « il y a quand même moins d'étrangers que de racistes en France ».

 

¹ Audrey Fournier, « Départementales : les sondages font-ils le jeu du FN ? » in Le Monde, 4 mars 2015.

http://www.lemonde.fr/elections-departementales-2015/arti...

 

² Jean-Christophe Chanut, « Départementales : le Front National dispose d’un potentiel de 31 % et séduit les électeurs UMP » in La Tribune, 16 février 2015.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/201502...

 

³ « Une abstention record pour les cantonales » in Le Monde avec AFP et Reuters, 20 mars 2011.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/20/faible...

 

* Marine Le Pen a obtenu 6.421.773 voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, soit 17,9 % des suffrages exprimés, avec une abstention de 20,53 %.