10/12/2012

DU BERGER À LA BERGÈRE : RÉPONSE À L’USPPM

Jean-Louis Del Pistoia, directeur national de la communication de l'Union syndicale professionnelle des policiers municipaux (USPPM), a estimé « nécessaire d'apporter une réponse » à notre article évoquant la lamentable exploitation du drame de Saint-Arnoult-en-Yvelines, réaction publiée à la fois sur ce blog et sur celui de l’USPPM. [1] Une démarche syndicale d’autant plus nécessaire que l’USPPM a publié un communiqué conjoint avec le SNPM-FO à ce sujet. [2] Nous reprendrons donc point par point ses allégations.

 

« Concernant les circonstances tragiques du décès de Cédric Josso, policier municipal assassiné dans son poste : un individu est rentré armé dans un poste de police, a commis un crime et est reparti sans problème, peu importe les raisons de cet acte, il s'agit d'un policier municipal en service et dans un poste de police qui a été égorgé, Monsieur Opsomer !». Nous nous permettons de nuancer ses propos en citant un extrait du Parisien :

 

Quand les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre se rendent dans ce petit poste de police, ils découvrent, dans son bureau, le fonctionnaire mort, baignant dans son sang. « Il a visiblement été frappé plusieurs fois au visage et à la gorge, précise une source proche de l’affaire. Deux coups très violents, donnés avec une arme blanche, probablement un cutter. » Selon les premières constatations, Cédric était seul dans son bureau à l’heure du déjeuner. « Il profitait de sa pause pour accomplir des tâches administratives, explique le procureur de Versailles, Vincent Lesclous. Il a de toute évidence ouvert à son agresseur, car la porte est munie d’un système de verrouillage automatique. » [3]

 

Conclusion : le poste de police municipale était habituellement fermé au public à l’heure du déjeuner, donc la victime n’était pas en service et a ouvert à son meurtrier qui l’a mortellement agressée, apparemment avec un cutter. Nous sommes confrontés dans le cas présent à un drame passionnel imprévisible. Nous répétons à nouveau que ce n’était pas le policier qui était visé, mais l’homme sous l’uniforme, celui perçu comme un rival amoureux. D’ailleurs, l’assassin s’est rendu aux gendarmes avant d’être interné en psychiatrie. [4]

 

« Peut-on imaginer, un seul instant qu'il se serait passé la même chose dans un commissariat de Police Nationale ou dans une brigade Territoriale de Gendarmerie ? » Fonctionnaires de police et gendarmes connaissent d’autres tragédies telles que celles de collègues se suicidant avec leur arme de service sur leur lieu de travail comme à Strasbourg ou à Caen.

 

« La question de doter les policiers municipaux de moyens de protection et de défense semble déplaire à monsieur Opsomer argumentant d'une façon ironique qu'il faudrait armer tous les citoyens, en prenant l'exemple d'une avocate marseillaise égorgée, elle aussi, dans son cabinet. » Nous constatons qu’à Marseille, les agents de police municipale manifestent non pas pour l’armement mais… contre le travail le week-end. [5]

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« Les policiers municipaux ont pour mission d'assurer la sécurité publique, à l'inverse des citoyens et des gens de robe que nous respectons et qu'à ce titre, nous nous devons de protéger selon l'article L 2212-2 du Code Général des collectivités Territoriales, je ne suis pas sûr également qu'un agent doté d'une arme à feu l'aurait laissée dans un coffre alors qu'il était seul au poste. » M. Del Pistoia, votre raisonnement est particulièrement spécieux. D’abord, il faut citer l’intégralité de l’article L2212-2 car les missions de la police municipale ne se limitent pas à la sécurité, qui n’est ni l’alpha ni l’oméga de votre profession. D’ailleurs, en cas de flagrant délit, les agents de police municipaux interviennent comme tout citoyen dans le cadre de l’article 73 du Code de procédure pénale. Ensuite, quelle réaction auriez-vous eu si la victime s’était suicidée avec son arme de service sur son lieu de travail ? Une telle tragédie a eu lieu cette année dans le Rhône où un agent d’Irigny a retourné son arme contre lui dans les locaux de la police municipale : « L’agent a profité d’être seul pour diriger son arme de service contre lui et mettre fin à ses jours ». [6] Enfin, nous faisons écho aux propos d’Alain Vollaro, secrétaire-adjoint FO des territoriaux, majoritaire à Marseille. Lors de la manifestation des policiers municipaux le 4 décembre dernier, ce dernier a souligné que « le travail de la police municipale n'est pas d'assumer les problèmes actuels de la délinquance à Marseille ». [7]

 

« Nous n'avons jamais soutenu l'armement de tous les citoyens, il est parfois bon de réfléchir avant d'écrire... » Avons-nous écrit cela ? Nous avons simplement poussé la logique du secrétaire général du SNPM-FO jusqu’à l’absurde, même si une telle revendication pourrait paraître légitime puisque, comme l’a souligné Philippe Marc du SDPM, c’est un drame d'ordre privé et non lié aux fonctions. Aussi, nous nous permettons de vous retourner votre conseil : il est parfois bon de réfléchir avant d’écrire…

 

« A travers les circonstances de ce drame c'est la sécurité des agents de police municipale qui est remis en question, car on peut également imaginer qu'un contrevenant mécontent en veuille à un policier au point d'aller dans le poste de police afin d'en découdre avec celui-ci. » On peut tout imaginer, même le pire ! On peut dramatiser à l’extrême et exploiter délibérément le moindre fait divers, hémoglobine à l’appui. Reconnaissez, cependant, qu’un policier municipal dégaine plus souvent un carnet de contredanses pour un conducteur en faute ou une voiture mal stationnée qu’une arme à feu. 

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« Cet agent de police municipale de Redon, assurant la sécurité aux abords d'une école, sans arme et abattu d'une balle dans la tête en est la preuve, le contrevenant n’avait pas apprécié qu'il ait fait son travail. » Non seulement le drame de Redon est vieux de vingt ans mais vous déformez les faits !

 

Redon - le 17 octobre 1992. Vers midi, Michel Macé brigadier de la police municipale règle la circulation au carrefour de l’avenue de la Gare et de la rue des douves. Soudain il entend un employé de la Banque de Bretagne qu’il connaît bien crier : «  C’est un hold up ! ». Le policier lance un appel radio puis se lance à la poursuite du braqueur. Arrivé à sa hauteur, il tente de le ceinturer. Mais le malfaiteur se retourne et braque son pistolet sur lui. Michel Macé tente de  maîtriser son agresseur en saisissant le poignet du bras armé. Après une bousculade de quelques secondes, six coups de feu partent. Le policier est atteint d’une balle en pleine poitrine. Il s’écroule face contre terre. Le tueur lui tire une dernière fois dans le dos. Les deux balles qui ont atteint Michel Macé sont mortelles. Quand ses collègues arrivent, Michel Macé 39 ans et père de deux enfants, est mourant son assassin a disparu. [8]

 

En outre, les six agents de police municipale de cette localité sont armés : tonfa, bombe lacrymogène et même arme de poing avec cette nuance apportée par les fonctionnaires municipaux eux-mêmes [9] : « On a aussi un revolver, mais on ne le porte pas en permanence. » (sic)

 

« Quant-à cette personne en détresse qui aurait l'intention de se réfugier dans un poste de police municipale, peut-elle être sûre d'y trouver refuge puisque même les agents y sont abattus ! » C’est Terminator ? Fort Alamo ? Vous confondez avec aplomb un meurtre à l’arme blanche et une fantasmatique attaque d’un poste de police municipale à l’arme automatique ! Vous mélangez délibérément tout pour justifier l’injustifiable : l’exploitation éhontée d’un drame privé pour relancer le débat sur l’armement des policiers municipaux. Néanmoins, comme le montre l’exemple de Sainte-Maxime dans le Var, nous vous accordons qu’un poste de police municipale n’est visiblement pas toujours un bon refuge. [10]

 

« Il n'y a donc, dans ces circonstances aucune récupération mais plutôt une sonnette d'alarme tirée, face à l'insécurité grandissante, les membres des forces de l'ordre, dont font partie les policiers municipaux doivent avoir les moyens de protection et de défense appropriés à leur environnement professionnel et s'ils doivent réellement assurer la sécurité d'autrui, cette mesure est indispensable ! » La dramatisation est le leitmotiv des tenants de l’armement des gardiens de police municipale. Aussi, nous vous invitons à lire cette étude de mars 2010 du sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherches au CNRS (Cesdip) et spécialiste des questions de sécurité :

 

Les métiers de policier, de gendarme mais aussi de pompiers sont des métiers à risque, nul ne songerait le nier ni même à le relativiser. Mais ceci ne devrait pas autoriser, même en campagne électorale, à dramatiser la réalité jusqu’à susciter dans le débat public des contrevérités. Ainsi l’idée selon laquelle ces métiers sont de plus en plus dangereux et occasionnent de plus en plus de morts est une idée fausse. [11]

 

« Nous n'avons pas attendu ce drame pour revendiquer un armement systématique des policiers municipaux, ces propos tout comme la loi de 1999 ne tiennent pas compte de la réalité quotidienne des fonctionnaires de police municipale. » La question de l’armement des polices municipales est, en effet, une polémique ancienne et récurrente. Cependant, à ce jour, l’armement des policiers municipaux n’est ni un droit, ni automatique, encore moins obligatoire. [12] Que vous vous battiez pour défendre vos convictions, pour faire avancer vos revendications est une démarche légitime pour une organisation syndicale. Ce qui l’est moins est l’exploitation à des fins partisanes d’un drame privé qui n’a aucun lien avec vos exigences professionnelles.

 

« Je reste persuadé qu'en cas de problème Monsieur Opsomer sera ravi d'être protégé par un policier municipal doté de moyens pour le faire... » Dans des circonstances similaires, nous composerons immédiatement le 17… si notre agresseur nous en laisse le temps. Par contre, si un voisin brûle ses déchets ou tond un dimanche, face à un animal errant ou un problème de déjections canines, nous solliciterons, bien évidemment, l’agent de police municipale de notre commune conformément à l'article L2212-2 susmentionné.



[1] Laurent Opsomer, « Saint-Arnoult-en-Yvelines : l’exploitation éhontée d’un drame privée » in Double Neuf, 5 décembre 2012.

http://doubleneuf.nordblogs.com/archive/2012/12/05/saint-arnoult-en-yvelines-l-exploitation-ehontee-d-un-drame.html

 

USPPM, « Réponse à monsieur Opsomer », 7 décembre 2012.

http://usppm.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/12/07/repon...

 

[2] USPPM et SNPM-FO, « On nous abandonne à notre sort », communiqué du vendredi 7 décembre 2012.

http://usppm.fr/index.php/26-actualites/actualites-syndic...

« Face à ce constat,  Frédéric Foncel et Raphael Gutierrez, Secrétaires Généraux du SNPM-FO (Syndicat National des Policiers Municipaux FO) et Bernard Vellutini, Président de l'USPPM (Union Syndicale Professionnelle des Policiers Municipaux), ont décidé de s'exprimer conjointement et de faire front commun sur la question de l'attribution obligatoire de l'armement en arme à feu et de moyens de protection adaptés pour tous les policiers municipaux. »

 

[3] Julien Constant, « Le chef de la police municipale de Saint-Arnoult égorgé » in Le Parisien, 1er décembre 2012.

http://www.leparisien.fr/rambouillet-78120/le-chef-de-la-...

 

[4] « Policier municipal égorgé : le suspect interné en psychiatrie » in Libération avec AFP, 1er décembre 2012.

http://www.liberation.fr/depeches/2012/12/01/policier-mun...

 

[5] S.T., « Marseille : 150 policiers municipaux manifestent contre le travail le week-end » in BFMTV avec AFP, 4 décembre 2012.

http://www.bfmtv.com/societe/marseille-150-policiers-muni...

 

[6] A.D., « Un policier municipal d’Irigny se suicide avec son arme de service » in Le Progrès, 14 juin 2012.

http://www.leprogres.fr/rhone/2012/06/14/un-policier-muni...

 

[7] « Marseille : des policiers municipaux manifestent contre le travail le week-end » in Francetv info avec AFP, 4 décembre 2012.

http://www.francetvinfo.fr/marseille-des-policiers-munici...

 

[8] « Hommage à nos collègues morts en service » in Centerblog, 29 mars 2011.

http://infospolicemun.centerblog.net/37-hommage-a-nos-col...

Trois policiers municipaux morts par arme à feu… depuis 1991.

 

[9] Yann-Armel Huet, « Redon. Policiers, ils travaillent à côté de chez vous » in Ouest-France, jeudi 18 décembre 2008.

http://www.redon.maville.com/actu/actudet_-Policiers-ils-...

 

[10] G.D., « Un automobiliste frappé par un policier municipal de Ste-Maxime » in Var Matin, 23 septembre 2011.

http://www.varmatin.com/article/saint-tropez/un-automobil...

 

[11] Laurent Mucchielli, « Des métiers à risque, mais (heureusement) de moins en moins meurtriers » in  Délinquance, justice et autres questions de société, 18 mars 2010.

http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2010/03/18/Des-m%C3%A9tiers-%C3%A0-risque%2C-mais-%28heureusement%29-moins-meurtriers

 

[12] Laurent Opsomer, « Faut-il armer les polices municipales » in Double Neuf, 16 juin 2011.

http://doubleneuf.nordblogs.com/archive/2011/06/16/faut-il-armer-les-polices-municipales.html 

05/12/2012

SAINT-ARNOULT-EN-YVELINES : L’EXPLOITATION ÉHONTÉE D’UN DRAME PRIVÉ

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Des enquêteurs sur les lieux où a été tué le chef de la police municipale à Saint-Arnoult-en-Yvelines,

le 30 novembre 2012 (AFP, Kenzo Tribouillard)

 

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La dépêche de l’AFP précise que « Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est entretenu avec le maire de Saint-Arnoult Jean-Claude Husson, et a fait savoir, dans un communiqué, que même si ce crime "a pour origine des motifs privés", il "a tenu à soutenir les policiers municipaux fortement choqués par ce drame". » En effet, ce n’était pas le policier qui était visé, mais l’homme sous l’uniforme, celui perçu comme un rival amoureux. Cependant, les cinq policiers municipaux de la commune n’étant pas équipés d'armes à feu (ils disposent d'un armement de 6e catégorie), Frédéric Foncel, secrétaire général du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-FO), assène que « S'il avait été armé, il aurait pu se défendre et  neutraliser son agresseur. » [2]Cette assertion est révélatrice de la vision qu’a cette organisation syndicale de l’agent de police municipale : un shérif qui ne se sépare jamais de sa quincaillerie sécuritaire, prêt à la dégainer à tout instant. C’est une vision d’assiégé avec une perception négative de l’environnement du policier municipal, un monde évidemment menaçant, d’où une course à l’armement. Finalement, c’est une vision surannée qui rappelle fortement l’antagonisme récurrent de la guerre froide, une vision particulièrement manichéenne, presque infantile, où les « bleus » sont toujours les gentils et tous les autres forcément des méchants : vous êtes invariablement un bandit en puissance puisque vous constituez une hypothétique menace potentielle. De cette perception schizophrène naît le sentiment que l’altérité est un danger. Une position très éloignée au final de la proximité revendiquée par les partisans des polices municipales.

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En outre, une arme à feu ne préserve nullement des agressions. Ainsi, en octobre 2011, à Argelès-sur-Mer, un agent de police municipale « a été violemment agressé par un individu armé d'un couteau, qui aurait tenté de lui porter un coup à la gorge et de s'emparer de son arme de service ». Il a dû son salut non pas à son arme de service mais grâce à l’intervention impromptue d’un témoin. [4]

Enfin, suivant la logique de Frédéric Foncel, pourquoi ne pas généraliser l’armement à l’ensemble de la population ? En effet, le même jour que le drame de Saint-Arnoult-en-Yvelines, une avocate marseillaise était égorgée dans son cabinet, meurtre précédé quarante-huit heures auparavant d’un autre égorgement dans le quartier de Châteaucreux à Saint-Etienne : un détenu récemment libéré et trucidé à l’arme blanche. [5] Dès lors, adoptons le deuxième amendement de la Constitution américaine qui garantit pour tout citoyen le droit de porter des armes. Notre sécurité sera-t-elle pour autant améliorée ? On peut en douter au vu de la violence de la société américaine - on y estime le nombre de morts par armes à feu à 34 000 par an ! – dont la justice est pourtant peu suspecte d’angélisme (puisqu’éminemment répressive). [6]



[1] Jean-Patrick Grumberg, « Egorgement rituel : le chef de la police municipale de Saint-Arnoult en Yvelines égorgé dans son bureau » in Dreuz-info, 30 novembre 2012.

http://www.dreuz.info/2012/11/egorgement-rituel-le-chef-de-la-police-municipale-de-saint-arnoult-en-yvelines-egorge-dans-son-bureau/

 

Jean-Patrick Grumberg, « Le policier de St-Arnould a-t-il été égorgé par un musulman ? » in Dreuz.info, 3 décembre 2012.

http://www.dreuz.info/2012/12/le-policier-de-st-arnoud-a-t-il-ete-egorge-par-un-musulman/

 

[2] « Saint-Arnould-en-Yvelines : le chef de la police municipale tué dans son bureau » in L’Express avec AFP, 30 novembre 2012.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/saint-arnoult-en-yvelines-le-chef-de-la-police-municipale-tue-dans-son-bureau_1193711.html

Réaction sur le site de L’Express de Philippe Marc, ex-responsable de la communication du SNPM : « Il est vraiment indécent de profiter de ce drame tragique pour que le SNPM-FO en fasse une récupération pour relancer le débat sur l'armement des Policiers Municipaux. Il s'agit malheureusement d'un drame d'ordre privé et non lié aux fonctions de notre collègue mortellement agressé. Tout citoyen victime d'une telle agression d'ordre privé n'aurait pas été armé. Sincères condoléances à la famille et aux collègues de la victime. »

 

[3] Le décret n°2000-276 du 24 mars 200 impose des obligations particulières de conservation des armes détenues par les communes pour leur service de police municipale. Ces obligations sont énoncées à l’article 10 : « Sauf lorsqu'elles sont portées en service par les agents de police municipale ou transportées pour les séances de formation prévues par l'article 5-1, les armes et munitions de la 4e et de la 7e catégorie et les armes de la 6e catégorie doivent être déposées, munitions à part, dans un coffre-fort ou une armoire forte, scellés au mur ou au sol d'une pièce sécurisée du poste de police municipale. »

 

[4] La. M., « Il tente de poignarder un policier municipal » in L’Indépendant du Midi, 13 octobre 2011.

http://www.lindependant.fr/2011/10/13/il-tente-de-poignar...

 

[5] « Marseille : une avocate égorgée dans son cabinet » in Le Figaro avec agences, 30 novembre 2012.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/11/30/01016-...

 

J-Y.M., « Saint-Etienne. L’homme égorgé dans sa voiture sortait tout juste de prison » in Le Progrès, vendredi 30 novembre 2012.

http://www.leprogres.fr/loire/2012/11/30/l-homme-egorge-d...

 

[6] « 34 000 : le nombre d’Américains tués chaque année par armes à feu » in Atlantico.fr, 24 juillet 2012.

http://www.atlantico.fr/decryptage/34-000-nombre-americains-tues-chaque-annee-armes-feu-430043.html

 

Stéphanie Hancq, « Les armes à feu aux Etats-Unis en quelques chiffres » in Le Nouvel Observateur, 29 juin 2010.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20100629.OBS6351/les-armes-a-feu-aux-etats-unis-en-quelques-chiffres.html

30/11/2012

SURENCHÈRE HOMOPHOBE : MARIER UN VIVANT ET UN MORT

Dans un billet aigre-doux pour dénoncer le mariage gay¹, Patrick Besson, éditorialiste du Point, se vautre dans l’homophobie la plus abjecte en dressant une liste de « quelques idées pour de futures unions à célébrer dans les mairies », dont celle entre un vivant et un mort. Or, n’est-ce pas ce que fît Nicolas Sarkozy en autorisant le mariage posthume d'Abel Chennouf, un des trois parachutistes assassinés par Mohamed Merah, et sa compagne Caroline, une union célébrée le 15 mars 2012 par Brigitte Barèges, députée-maire UMP de Montauban, en l'absence de la famille du militaire ?

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¹ Patrick Besson, « Les mariés de l’an douze » in Le Point, 29 novembre 2012.

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/patrick-besson/les-...

 

² « L’Elysée autorise le mariage posthume d’Abel Chennouf » in Le Midi libre avec AFP, 23 mars 2012.

http://www.midilibre.fr/2012/03/23/l-elysee-autorise-le-m...