09/08/2013

UNIVERSITÉ : LA GÉNÉROSITÉ D'ARPAGON ?

Légère augmentation et sensible extension des bourses aux étudiants les plus modestes. (1) Cette annonce estivale devrait réjouir les principaux intéressés... à condition que cette mesure ne s'accompagne pas d'une hausse des droits d'inscription. Or, autonomie oblige, les universités françaises sont aujourd'hui en mal de financement ; "La conférence des présidents d'université a estimé à 10 milliards d'euros les financements supplémentaires nécessaires si l'on souhaite que les universités françaises rivalisent avec celles des autres pays développés." (2) En dépit des discours lénifiants, l'Etat n'a plus les moyens de ses ambitions et ce, depuis plusieurs années (en 2007, Nicolas Sarkozy avait promis de consacrer 3 % du PIB à la recherche et à l'enseignement supérieur, une promesse jamais concrétisée). La multiplication des ressources est donc impérative pour nos universités, ce qui induit la nécessité d'instaurer - avec la bénédiction de l'Etat - des partenariats avec le secteur privé, doux euphémisme d'une privatisation rampante, qui n'empêchera pas, cependant, un endettement croissant des étudiants auprès des généreux mécènes que sont les organismes de crédit, qui proposent d'ores et déjà des prêts différés à des taux variables en fonction des garanties de remboursement (la caution parentale est l'élément le plus déterminant pour l'acceptation du crédit par une banque). Aux Etats-Unis, l'endettement étudiant atteint désormais les mille milliards de dollars et les étudiants y sont durablement endettés avant même de travailler... (3) Le modèle anglo-saxon suscite pourtant l'intérêt de l'aile droite du PS, incarnée par Manuel Valls, Pierre Moscovici et Cie, désormais plus proche du social-libéralisme que de la social-démocratie. (4)

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(1) Marie-Christine Corbier, Les aides aux étudiants revalorisées dès la rentrée 2013 in Les Echos, 16 juillet 2013.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/...

 

(2) Manuel Valls, Pouvoir, Stock, 2010, 288 pages, pages 189 et 190.

 

(3) Sylvain Cypel, Aux Etats-Unis, la dette estudiantine atteint mille milliards de dollars in Le Monde, 15 mai 2013.

http://www.lemonde.fr/education/article/2013/05/15/aux-et...

 

(4) Dans son livre Pouvoir, Manuel Valls souligne que "L'exemple des universités britanniques est intéressant" (page 190).

03/07/2013

LA FRANCE EN FAILLITE ? TOO BIG TO FAIL !

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« 2014 : un budget de rigueur historique », titre Le Monde dans son édition des dimanche 30 juin et lundi 1er juillet 2013. Ce budget est une réponse aux rappels à l’ordre de Bruxelles et de la Cour des comptes. « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite », avait lancé, le 21 septembre 2007, François Fillon lors de son premier déplacement officiel en Corse en tant que Premier ministre. Un « Etat totalement en faillite », surenchérissait Michel Sapin, le ministre du Travail, le dimanche 27 janvier 2013 sur Radio J. Une saillie sous forme d’ironie, paraît-il. [1] Dans tous les cas, « la France est dans une situation terrifiante. La récession va s’aggraver, donc le chômage va augmenter. Il y a le feu » (dixit Michel Rocard). [2] Il est vrai que la charge de la dette (c’est-à-dire ses intérêts) est devenu le premier poste budgétaire de la France en 2012 (donc sous la présidence de Nicolas Sarkozy), soit, à titre de comparaison, presque la totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français cette année-là ! [3] Dans la loi de finances 2013, elle s’élève à 56,14 milliards d’euros, soit 14,19 % du budget de l’État ! [4] Logiquement, « La charge de la dette grève les marges de manœuvre de l’action publique ». [5] Pourtant, ce n’est pas l’existence de la dette qui pose problème mais que celle-ci ne génère pas de croissance. On peut, en effet, toujours refinancer cette dernière, d’autant qu’elle fait vivre les marchés financiers pour lesquels c’est une véritable rente ! Dès lors, ceux-ci n’ont aucun intérêt à tuer la poule aux œufs d’or. D’ailleurs, imagine-t-on sérieusement à Paris ou à Bruxelles que notre pays, deuxième puissance européenne et cinquième mondiale, fasse vraiment défaut un jour ? La chute de la France ferait passer la faillite de Lehman Brother [6] pour une douce rigolade puisqu’un tel naufrage aspirerait toute la zone euro, qui sombrerait alors dans les abîmes en entraînant à son tour l’économie mondiale dans un infernal et dévastateur maelström. Ce serait l’an zéro de la mondialisation ! Cette apocalypse financière aux conséquences incalculables effraie assurément les citoyens mais s’apparente en réalité aux contes de Grimm, des contes d’autant plus populaires qu’ils étaient en vérité au service de la morale puritaine et patriarcale.

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[1] « Pour Sapin, la France "totalement en faillite", et l’ironie » in Libération avec AFP, 27 janvier 2013.

http://www.liberation.fr/politiques/2013/01/27/pour-sapin-la-france-est-totalement-en-faillite_877114

 

[2] Nicolas Prissette, « Rocard : "Travailler jusqu’à 65 ans" » in Le Journal du dimanche, samedi 26 janvier 2013

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Michel-Rocard-propose-de-travailler-jusqu-a-65-ans-588196

 

[3] « La charge de la dette devient le premier poste budgétaire de la France » in France Info, mercredi 28 septembre 2011.

http://www.franceinfo.fr/france-politique-2011-09-28-la-charge-de-la-dette-devient-le-premier-poste-budgetaire-de-la-565089-9-10.html

 

[5] Marie de Vergès, « La charge de la dette grève les marges de manœuvre de l’action publique » in Le Monde, 15 mai 2013.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/15/la-charge-de-la-dette-greve-les-marges-de-man-uvre_3230341_3234.html

 

[6] Caroline Talbot, « Le jour où… Lehman Brothers a fait faillite » in Libération, 14 septembre 2009.

http://www.liberation.fr/economie/0101590674-le-jour-ou-lehman-brothers-a-fait-faillite

 

Alexandra Le Chaffotec et Thomas Porcher, enseignants-chercheurs à l'ESG Management School, « De la faillite de Lehman Brothers à la crise grecque » in La Tribune, 3 octobre 2011.

http://www.latribune.fr/opinions/20111003trib000653630/de-la-faillite-de-lehman-brothers-a-la-crise-grecque.html

 

Grégory Raymond, « Chute de Lehman Brothers : tout ce que vous devez savoir sur ce qu’il s’est passé depuis » in Le Huffington Post, 15 septembre 2012.

http://www.huffingtonpost.fr/2012/09/14/lehman-brothers-crise-subprimes-grece-fed-bce-euro_n_1884756.html

08/05/2013

GARÇON FRANÇAIS : 100 % MADE IN FRANCE

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« Ma petite entreprise connaît pas la crise… » Le Troyen Vicky Caffet pourrait reprendre les paroles d’Alain Bashung. Après le lancement il y a six mois de sa marque Garçon français, il lance aujourd’hui une deuxième collection de sous-vêtements masculins. Son succès réside dans l’alliance réussie de la qualité, du style et du concept « Made in France ».¹

Fabriquée à 100 % en France, la nouvelle collection de slips, boxers et autres débardeurs s'enrichit de nouveaux coloris, du turquoise, du rouge, du noir et du gris. Mais le modèle phare demeure « le patriote » bleu, blanc, rouge qui rappelle le leitmotiv et le parti pris de ce jeune entrepreneur : la défense du savoir-faire national, la notion de qualité attachée au « Made in France » et la volonté d'apporter sa pièce à l'édifice d'une reconquête économique de l'intérieur.² Ainsi, presque tout est fait à Troyes ; seul l'élastique est fabriqué en Haute-Loire. Une seule faiblesse : le prix. À 30 € pièce, les boxers et slips sont en effet bien au-delà des prix de supermarché. Mais n’est-ce pas là le prix de la qualité et du savoir-faire français ? Une excellence reconnue à l’étranger puisque l’entreprise part désormais à la conquête du marché anglo-saxon.³

Les femmes sont également une cible à ne pas négliger, bien au contraire ! Si deux tiers des hommes achètent eux-mêmes leurs sous-vêtements, les femmes aiment de plus en plus acheter de la lingerie masculine, que ce soit pour leur mari, fiancé, petit copain, ou simplement pour un cadeau à des amis ou à de la famille. Selon une récente étude, près de 70% des achats en magasinde sous-vêtements masculins et un tiers des achats de lingerie masculine sur le Net sont désormais effectués par des femmes. Enfin, nul ne doit oublier qu’un boxer seyant est plus attrayant qu’un vieux slip délavé…

 

¹ Garçon français : sous-vêtements 100 % français

http://www.garcon-francais.fr/

https://www.facebook.com/garconsfrancais

 

² Catherine Hounau, « Pari réussi : saison 2 pour "Garçon français" » in L’Est-éclair, 5 mai 2013.

http://www.lest-eclair.fr/article/liberation-champagne/pari-reussi-saison-2-pour-garcon-francais

 

³ « Garçon français lance sa deuxième collection » in L’Est-éclair, 7 mai 2013.

http://www.lest-eclair.fr/article/a-la-une/garcon-francais-lance-sa-deuxieme-collection