09/04/2021

SYNDROME DU GOLEM ?

Le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse, est-il victime du syndrome du golem ? La médiatisation de l’affaire d’Alex, jeune sans domicile fixe, verbalisé sept fois par la police municipale pour non-port du masque pourrait l’indiquer.¹ La « contredanse » est, en effet, un moyen de pression efficace des policiers municipaux sur leur chef hiérarchique, à savoir le maire, en verbalisant à outrance la population, les SDF dans ce cas précis. « Vous allez dégager de Montpellier parce que le nouveau maire, Monsieur Delafosse ne veut plus de SDF dans le centre-ville », auraient déclaré les agents municipaux au jeune homme.¹ Vrai ou faux, l’argument des directives du maire est d’autant plus imparable que les édiles sont impuissants face à un tel acharnement policier ; comme dans la légende, la créature échappe au contrôle de son créateur, voire se retourne contre lui. En effet, comme l’a démontré la retentissante affaire des PV supprimés indûment par l’ancien maire de Biarritz, Didier Borotra, un élu ne peut pas annuler les amendes de ses policiers municipaux, même abusives ; les classements sans suite de contraventions sont réservés à l'officier du ministère public, par délégation du procureur de la République.² Mais, zèle policier ou pas, S’il peut toujours invoquer le pouvoir discrétionnaire de ses agents pour se disculper des travers de « sa » police municipale, l’alibi paraît fragile à la petite échelle de la commune, et le pari risqué compte tenu de la donne électorale.³

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¹ Thierry Jougla, Montpellier : Alex, 19 ans, SDF et 645 € de PV pour non-port du masque, Le Midi Libre, 1er avril 2021.

https://www.midilibre.fr/2021/04/01/montpellier-alex-19-a...

Montpellier : Hanouna vient en aide à Alex, ce SDF de 19 ans verbalisé sept fois pour non-port du masque, Le Midi Libre, 8 avril 2021.

https://www.midilibre.fr/2021/04/08/montpellier-hanouna-v...

² Thierry Sagardoytho, Affaire Didier Borotra Épisode n°1 : un Pavé dans la mare, France Bleu Béarn Bigorre, 31 août 2020.

https://www.francebleu.fr/emissions/affaires-classees-rac...

Emmanuelle Fère, PV annulés à Biarritz : Didier Borotra définitivement condamné, Sud-Ouest, 9 avril 2018.

https://www.sudouest.fr/2018/04/09/pv-annules-a-biarritz-...

Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 21 mars 2018, 17-81.011

https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT0000367795...

³ Virginie Malochet, Les policiers municipaux, Presses universitaires de France, 2007, 214 pages, pages 159 et 160.

22/03/2021

CONTRÔLE SOCIAL

Ces vingt dernières années, l’Etat a multiplié les possibilités de créer des polices municipales communes à plusieurs localités (article L512-1 et suivants du Code de la sécurité intérieure), d’autant que les policiers municipaux ne lui coûtent rien. Quatre villes du Valenciennois, Anzin, Beuvrages, Petite-Forêt et Raismes, ont ainsi mis en commun leurs agents afin de créer une police pluricommunale.¹ Cette mutualisation présente des avantages : coût moindre pour les budgets communaux, amplitude horaire plus large et effectifs plus importants sur le terrain, d’où une « force de frappe efficace » (dixit Philippe Gouget, chef de cette police intercommunale). Mais elle présente aussi des inconvénients moins avouables : avantages financiers et/ou matériels à consentir pour recruter et retenir ces fonctionnaires territoriaux car le métier est en tension, dilution de l’autorité des maires, moindre connaissance du territoire par les agents, distanciation de la population et fin de la police de proximité tant vantée par les thuriféraires des polices municipales. La volonté des édiles de doter leurs agents de pistolets à impulsions électriques (une arme de poing plus communément appelée « Taser », assimilée à « une forme de torture » par l’ONU² fin 2007 et régulièrement dénoncée par Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme) n’est pas anodine, bien au contraire ! Elle démontre qu’ils assignent à leurs policiers municipaux un rôle de « flics shérifs » polarisés sur le contrôle social et non plus le raffermissement du lien social. Choix étrange pour des municipalités classées à gauche.

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¹ Murielle Tison-Navez, « Sécurité. Une police commune pour Raismes, Anzin, Beuvrages et Petite-Forêt », La Voix du Nord, 8 janvier 2019.

https://www.lavoixdunord.fr/517826/article/2019-01-08/une...

Pauline Bayart, Police pluricommunale. 20 agents mobilisés pour 4 communes (Anzin, Raismes, Beuvrages, Petite-Forêt), L’Observateur du Valenciennois, 16 mars 2021.

https://www.lobservateur.fr/valenciennois/autour-de-valen...

² L’ONU qualifie l’utilisation du Taser de « forme de torture », Le Nouvel Observateur, 23 novembre 2007.

https://www.nouvelobs.com/monde/20071123.OBS6515/l-onu-qu...

20/04/2017

POURQUOI MACRON

Cet article a été publié partiellement dans les colonnes du magazine Marianne (n°1036 du 3 au 9 février 2017) sous le titre (non choisi) "Macron, roi du poker" .

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Marianne attaque Macron de front, tant sur la forme que sur le fond (n°1033 du 13 au 19 janvier 2017 en illustration). Qu’Emmanuel Macron soit un libéral, c’est entendu. Cependant, dans le contexte français actuel, marqué par la tripartition de l’espace politique, il est le seul aujourd’hui à pouvoir faire barrage au duo infernal Fillon/Le Pen. En effet, aucun des bretteurs de la primaire du PS n’est en mesure de figurer au second tour des présidentielles ; tous sont devancés par Jean-Luc Mélenchon ! Même dans l’hypothèse – hautement improbable – d’un candidat socialiste en finale, ce dernier est systématiquement battu en raison de la porosité entre les électorats de droite et d’extrême-droite.

Face à ce « jeu de dupes », je me refuse de jouer Marine Le Pen contre François Fillon, comme le suggère Gabriel Amalfi d’Aix-en-Provence dans le courrier des lecteurs (Marianne n°1028 du 9 au 15 décembre 2016, page 48). Pour conjurer cette catastrophe politique, je vais tenter un coup de poker dès le premier tour en votant en faveur d’Emmanuel Macron, seul capable d’attirer sur son nom les électeurs centristes et les indécis. Emmanuel Macron n’est pas le sauveur de la gauche mais la solution pour contrer les ambitions présidentielles du candidat des riches, François Fillon, que seule une candidature socialiste peut sauver de la déroute… en plombant celle de Macron.

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