01/06/2021

TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE

Le 16 février dernier, sur les ondes de RTL, Gérald Darmanin était revenu sur ses propos lors de son débat avec Marine Le Pen cinq jours auparavant ; il avait taclé à cette occasion la présidente du Rassemblement national, l’accusant de « mollesse » face à l’islamisme radical : « Je trouve que, en effet, vous êtes plus molle que nous pouvons l'être ».¹ L’ancien maire de Tourcoing avait alors évoqué l'un des objectifs de campagne en vue des présidentielles de 2022 : « Je souhaite que les électeurs du Front National votent pour nous. Je souhaite qu'ils comprennent que nous pouvons répondre à leur colère ».² Or, rien ne sert de courir après le RN, assure aujourd’hui l’un des fondateurs de la Droite forte, Geoffroy Didier, longtemps considéré comme un proche de Nicolas Sarkozy, maintenant chargé de communication de Valérie Pécresse pour les élections régionales. Il pointe désormais « l’erreur qu’il ne faut pas refaire : s’imaginer qu’on peut récupérer les électeurs de Marine le Pen. »³

 

¹ Laure Carreno Muller,  « Je vous trouve molle, un peu branlante » : Gérald Darmanin tacle Marine Le Pen, Gala, 11 février 2021.

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/video-je-vous-tr...

 

Abel Mestre, Débat entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin : la dédiabolisation par procuration, Le Monde, 12 février 2021.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/02/12/debat...

 

² Oriane Theodose , « Elle est nulle, pas gentille » : Gérald Darmanin égratigne Marine Le Pen, Gala, 16 février 2021.

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/elle-est-nulle-p...

 

³ Challenges n°697 du 6 mai 2021, page 90.

03/04/2021

PILE OU FACE ?

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Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont-ils différents ? Ce sont, en réalité, les deux faces d’une même pièce libérale. Ce duel annoncé, répété, asséné (et souhaité ?) par les médias bénéficie invariablement au grand capital. Macron ou Le Pen, ce dernier est, en effet, assuré de remporter le match quoi qu’il arrive. En 2022, il est donc à craindre que le choix se résume entre un libéralisme autoritaire, incarné par Emmanuel Macron et consorts, et un autoritarisme libéral, représenté par Marine Le Pen et ses sbires…

20/04/2017

POURQUOI MACRON

Cet article a été publié partiellement dans les colonnes du magazine Marianne (n°1036 du 3 au 9 février 2017) sous le titre (non choisi) "Macron, roi du poker" .

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Marianne attaque Macron de front, tant sur la forme que sur le fond (n°1033 du 13 au 19 janvier 2017 en illustration). Qu’Emmanuel Macron soit un libéral, c’est entendu. Cependant, dans le contexte français actuel, marqué par la tripartition de l’espace politique, il est le seul aujourd’hui à pouvoir faire barrage au duo infernal Fillon/Le Pen. En effet, aucun des bretteurs de la primaire du PS n’est en mesure de figurer au second tour des présidentielles ; tous sont devancés par Jean-Luc Mélenchon ! Même dans l’hypothèse – hautement improbable – d’un candidat socialiste en finale, ce dernier est systématiquement battu en raison de la porosité entre les électorats de droite et d’extrême-droite.

Face à ce « jeu de dupes », je me refuse de jouer Marine Le Pen contre François Fillon, comme le suggère Gabriel Amalfi d’Aix-en-Provence dans le courrier des lecteurs (Marianne n°1028 du 9 au 15 décembre 2016, page 48). Pour conjurer cette catastrophe politique, je vais tenter un coup de poker dès le premier tour en votant en faveur d’Emmanuel Macron, seul capable d’attirer sur son nom les électeurs centristes et les indécis. Emmanuel Macron n’est pas le sauveur de la gauche mais la solution pour contrer les ambitions présidentielles du candidat des riches, François Fillon, que seule une candidature socialiste peut sauver de la déroute… en plombant celle de Macron.

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