23/04/2013

THE D-GAY : UN MILLIER DE POLICIERS ?

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Craignant des débordements à l'issue du vote de la loi Taubira autorisant le mariage pour tous, la préfecture de police de Paris a requis un dispositif exceptionnel autour du Palais Bourbon, mais aussi pour barrer la route vers l'Élysée et la rue de Varenne, adresse de l'Hôtel de Matignon. Pas moins d’un millier de policiers ont été mobilisés pour l’occasion. Un déploiement que dénoncent avec force les opposants au mariage homosexuel. [1] Mais n’est-ce pas l’effectif mobilisé lors des déplacements en province de Nicolas Sarkozy comme à Lille en janvier 2012 ? [2]

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http://www.huffingtonpost.fr/herve-baudry/vote-mariage-ga...



[1] Jean-Marc Leclerc, « Mariage pour tous : un millier de policiers devant l'Assemblée » in Le Figaro, 23 avril 2013.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/23/01016-...

 

[2] B. DU., « Déplacement de Nicolas Sarkozy : la mobilisation d'un millier de policiers est critiquée » in La Voix du Nord, 12 janvier 2012.

http://www.lavoixdunord.fr/region/deplacement-de-nicolas-...

 

Nathalie Balsan-Duverneuil, « Alès. La ville en état de siège » in Le Midi Libre, 4 octobre 2011.

http://www.midilibre.fr/2011/10/04/visite-de-nicolas-sark...

 

Rémy Lebel, « Sécurité : les dessous de la visite présidentielle en Seine-Maritime » in Paris-Normandie, samedi 25 février 2012.

http://www.paris-normandie.fr/article/faits-divers/securi...

 

Alexandre Lemarié, « Combien coûtent les déplacements de M. Sarkozy » in Le Monde, 5 décembre 2011.

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/articl...

16/03/2013

APOCALYPSE OU AUTO-FLAGELLATION NÉVROTIQUE ?

guillaume larrivé,ump,guerre civile,valeurs actuelles,union pour un mouvement populaire,immigration,sécurité,nicolas sarkozy,droite forteguillaume larrivé,ump,guerre civile,valeurs actuelles,union pour un mouvement populaire,immigration,sécurité,nicolas sarkozy,droite forteGuillaume Larrivé, jeune député UMP de l’Yonne, s’épanche régulièrement dans les colonnes du magazine Valeurs actuelles, référence de la presse écrite de droite (et même au-delà). Selon cet énarque (un de plus), François Hollande « pêche par excès d’optimisme, il n’a pas compris que l’histoire est tragique. » [1] Il est vrai que cet ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy a une vision particulièrement sombre de l’avenir depuis la chute de son mentor aux dernières élections présidentielles. Cet épigone de la Droite forte s’est ainsi fendu d’une tribune sinistrement intitulée « Demain, la guerre civile ? » [2] Ce cassandre de la droite dure y dénonce « l’impuissance d’une classe politique perdue dans des querelles subalternes » (est-ce une allusion aux dissensions qui minent l’UMP ?), agitant le spectre de désordres sociaux, pis de débordements incontrôlés qui menaceraient l’Etat, donc in fine la République et notre démocratie ; reconnaissons que l’on trouve la même sinistrose sous la plume de Julien Dray, député socialiste de l’Essonne. [3] Pour ce jeune loup de la Sarkozie, « la France souffre de trois maux d’une extrême gravité. Première menace : l’appauvrissement des Français. […] Le deuxième mal français, c’est la radicalisation communautariste. […] Le troisième des maux dont souffre la France est le plus préoccupant : l’impuissance publique gangrène tous les pouvoirs, de la base au sommet. » Le parlementaire de l’Yonne complète ce tableau tragique :

 

Mais il y a pire que ces flottements, ces hésitations, ces renoncements. Dans son cœur régalien, le pouvoir est veule. L’allure pragmatique du ministre de l’Intérieur ne masque pas la mollesse des pouvoirs publics face aux criminels et aux délinquants. La mobilisation des policiers et des gendarmes se heurte à tant d’obstacles. L’autorité judiciaire ne parvient pas à réprimer et à dissuader les atteintes aux personnes, qui augmentent continûment. Le code pénal est un sabre de bois. Et l’Éducation nationale fait, malgré elle, le lit de la délinquance, lorsqu’elle échoue à donner à des centaines de milliers de jeunes gens une formation utile à leur insertion professionnelle. […] Qui parcourt la France, dans les villes, les banlieues comme les campagnes, perçoit les ferments de la défiance. Ce ressentiment est le terreau d’une nouvelle violence, qui ne serait plus la paix civile et qui dessine, peut-être, une sorte de guerre civile opposant des bandes et des désespérés. 

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Cette diatribe sonne comme une condamnation sans appel du résultat d’années d’impéritie politique. Or, la passation de pouvoir entre François Hollande et Nicolas Sarkozy a eu lieu le 15 mai 2012. Dès lors, cet impitoyable réquisitoire s’apparente à une critique acide de la décennie écoulée… celle où la droite a régné de manière absolue de 2002 à 2012 au cours des quinquennats de Jacques Chirac et… Nicolas Sarkozy. Ce dénigrement relève même de l’auto-flagellation puisque Guillaume Larrivé a fait ses armes au ministère de l’Intérieur :

 

En 2002, il frappe à la porte d'Emmanuelle Mignon, conseillère d'Etat, ancienne élève de l'Essec [grande école de commerce dont les droits d’inscription annuels s’élèvent - au niveau master - à 15.000 euros] comme lui. La sherpa du futur président repère son potentiel et l'intègre à l'équipe de Nicolas Sarkozy.

En 2005, il est nommé conseiller juridique au ministère de l'Intérieur. Au sein du Comité interministériel de contrôle de l'immigration, il participe au noyau dur autour de Patrick Stefanini, qui conçoit le ministère de l'identité nationale doté de pouvoirs étendus. Celui qui échoit à Brice Hortefeux, après la victoire présidentielle de 2007. M. Larrivé devient directeur adjoint de son cabinet jusqu'en 2011. Place Beauvau, il est le superviseur juridique des reconduites à la frontière, la bête noire des associations de défense des sans-papiers. […] En mars 2011, il rejoint l’Elysée, en charge des affaires juridiques et institutionnelles. [4]

 

Ce dernier poste lui a visiblement été profitable puisque « Ce dandy de droite, féru de Drieu la Rochelle, » a déposé une audacieuse proposition de loi constitutionnelle le 22 janvier dernier [5], un texte non dénué d’intérêt, d’autant qu’« ils ne sont pas si nombreux les députés qui se penchent sur le berceau des institutions. Force est de reconnaître qu'il est plus facile de "faire du buzz" avec le Nutella [ou l’immigration] qu'avec la Ve République! » [6]

 

Néanmoins, Guillaume Larrivée demeure « un pur produit du sarkozysme, spécialisé dans les questions de sécurité et d’immigration ». [7] D’ailleurs, en juin 2012, il a remporté l’élection législative dans la première circonscription Auxerre-Puisaye grâce à ses positions sur ces questions, succédant ainsi au « duc de Bourgogne », Jean-Pierre Soisson, dont il était le suppléant depuis 2002. En effet, au mépris de la ligne nationale adoptée par son parti, le candidat local du Front national, Richard Jacob, a appelé à voter pour l’UMP afin de faire barrage au maire socialiste d’Auxerre, Guy Ferez, qui devançait Guillaume Larrivée de 600 voix au premier tour.

 

« Après avoir prôné un rassemblement bleu Marine de toutes les droites au premier tour, il faut montrer que nous pouvons nous organiser pour battre la gauche, et envoyer un signal fort à l'électorat UMP qui nous a soutenus », insiste Richard Jacob, qui a dû batailler pour que sa position soit validée par les instances du FN. Dans les autres circonscriptions, où les candidats frontistes ont obtenu 16 et 19,26 %, aucune consigne de vote n'a été passée, même si les lignes pourraient bouger dans la deuxième.

S'il ne parle pas encore de « mariage », Richard Jacob, élu au conseil municipal d'Auxerre [comme Guillaume Larrivé], force le destin en proposant un « pacs » entre l'UMP et le FN. « L'appareillage de l'UMP est déconnecté. Mais ses électeurs attendent une alliance. Il y a un coup politique à jouer, et j'espère que cette circonscription sera pilote. »

En attendant, « sans nous, Guillaume était certain de perdre. Avec nous, il a une chance de conserver ce territoire à droite », sourit Richard Jacob, soucieux de gommer l'étiquette d'extrême droite de son parti, pour imposer l'idée d'une « droite populaire ».

Parallèlement, conscient de devoir compter avec les électeurs frontistes pour l'emporter, Guillaume Larrivé, ancien directeur de cabinet adjoint de Brice Hortefeux, a encore droitisé son discours depuis la présidentielle. Ce que confirme le patron du FN en Bourgogne Édouard Ferrand. « Guillaume défend des thèmes sur l'immigration et la sécurité qui nous sont chers, contrairement aux candidats UMP des deux autres circonscriptions », explique-t-il, estimant que « le peuple souhaite une union de toutes les droites ». [8]

 

« Trop vite oubliées, les émeutes de l’automne 2005 peuvent en être le premier acte. Un poison menace de s’y ajouter : l’importation d’une ultraviolence terroriste, par de nouveaux Merah entraînés à nos portes », écrit aujourd’hui l’élu auxerrois. L’ennemi est désigné… [9] Pas un instant n’est évoqué un Breivik à la française ; ce dernier aurait inspiré le tueur de Newtown aux Etats-Unis. [10] Pourtant, Jean-Jacques Bernard, juif interné, n’a-t-il pas écrit dans son ouvrage-témoignage, Le camp de la mort lente (Compiègne 1941-1942), publié aux éditions Albin Michel en 1944 : « Victime de la haine, je demeure convaincu qu’on ne peut rien construire sur la haine » ?

 

Si des explosions sociales sont prévisibles au regard de la situation économique non seulement dans notre pays mais en Europe, la révolution n’est, cependant, pas pour demain ou après-demain. Malgré ses convulsions, la Grèce n’a pas sombré dans la guerre civile. Pourquoi la France, deuxième puissance économique européenne, devrait-elle alors basculer dans le chaos ? Si la France chute, c’est toute la zone euro qui coule et, derrière elle, l’économie mondiale ! Les scénarios catastrophes sont d’autant plus improbables que les désordres sociaux sont jugulés avec fermeté comme l’a démontré l’exemple de Goodyear ; Manuel Valls est le digne héritier du « Tigre » (Georges Clémenceau) et de Jules Moch. [11] D’ailleurs, en janvier 2011, Michèle Alliot-Marie, alors ministres des Affaires étrangères, ne vantait-elle pas l’expérience exceptionnelle de notre pays dans le domaine du maintien de l’ordre, soulignant « le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier »… à l’aube du Printemps arabe ? En outre, un nouveau Mai 68 est désormais exclu en raison du délitement social – lié à la montée des égoïsmes, au renforcement des comportements individualistes et au faible taux de syndicalisation. Enfin, « l’amortisseur social » garantit la paix sociale ; quel que soit leur sensibilité, les politiciens ont compris que garantir un minimum vital permet d’éviter le désespoir populaire, donc de préserver la tranquillité publique… et les inégalités.

 

Même si les marchands de peur, les va-t-en-guerre et autres prophètes de malheur pullulent et dominent la criée avec leurs propos tonitruants, on ne fait pas une politique à coup de faits divers et de discours martiaux, en lançant des anathèmes, en stigmatisant une communauté, en dressant les Français les uns contre les autres. Nos élus doivent, au contraire, œuvrer pour le bien commun, le vivre ensemble et le bien-être collectif. [12] Dans le deuxième volume des Mémoires de Guerre – sous-titré L'UnitéCharles de Gaulle rappelait ce qu'était son objectif, objectif qui devrait être celui de tous les présidents de la République, objectif que chaque élu de la République devrait partager : « Voilà ma tâche ! Regrouper la France dans la guerre ; lui épargner la subversion ; lui remettre un destin qui ne dépende que d'elle-même. Hier, il suffisait de l'action d'une poignée de Français sur les champs de bataille pour se camper devant les événements. Demain, tout sera commandé par la question d'un pouvoir central que le pays acclame et suive. Pour moi, dans cette phase capitale, il ne s'agira plus de jeter au combat quelques troupes, de rallier ici et là des lambeaux de territoire, de chanter à la nation la romance de sa grandeur. C'est le peuple entier, tel qu'il est, qu'il me faudra rassembler. Contre l'ennemi, malgré les alliés, en dépit d'affreuses divisions, j'aurai à faire autour de moi l'unité de la France déchirée. » Aussi peut-on légitimement s’inquiéter du mortifère fatalisme politique ambiant qui s’apparente davantage à un pitoyable aveu d’échec et d’impuissance que l’on peut mettre en musique sur les paroles de Nino Ferrer (Le Sud) :

 

Un jour ou l´autre il faudra qu´il y ait la guerre

On le sait bien

On n´aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire

On dit c´est le destin 

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[1] Paul Wermus, « G. LARRIVE : ‘‘Hollande est un optimiste qui n’a pas compris que l’histoire est tragique’’ » in VSD, 23 janvier 2013.

http://www.vsd.fr/contenu-editorial/ca-fait-debat/le-duel/224-g-larrive-hollande-est-un-optimiste-qui-napas-compris-que-lhistoire-est-tragique

 

[2] Guillaume Larrivé, « Demain, la guerre civile ? » in Valeurs actuelles, 14 mars 2013.

http://www.valeursactuelles.com/demain-guerre-civile20130312.html

 

[3] Julien Dray, « Austérité : au-dessus d’un volcan… » in Le Huffington Post, 12 mars 2013.

http://www.huffingtonpost.fr/julien-dray/julien-dray-aust...

« La crise se déploie. Elle s'insinue partout, casse, déstabilise, brise, broie nos économies... Elle ronge la structure politique des nations européennes. Il faut désormais être aveugle pour ne pas voir ce qui couve. Bientôt, si l'on n'y prend garde, nos pays ne connaitront que les affres des colères populaires ou des flambées populistes... »

 

[4] Béatrice Jérôme, « Nouveaux députés : Guillaume Larrivé, un sarkozyste "décomplexé" » in Le Monde, 19 juillet 2012.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/19/nouveaux-deputes-guillaume-larrive-un-sarkozyste-decomplexe_1735739_823448.html

 

[5] Proposition de loi n°632 tendant à améliorer l’efficacité de la Ve République, 22 janvier 2013

http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion063...

 

[6] Patrick Roger, « A Larrivée, la Constitution reconnaissante » in Chambres à part, 31 janvier 2013.

http://parlement.blog.lemonde.fr/2013/01/31/a-larrive-la-...

 

[7] Arnaud Morel, « Guillaume Larrivé, un bébé Sarkozy pour succéder à Jean-Pierre Soisson » in Le Point, 30 janvier 2012.

http://www.lepoint.fr/politique/guillaume-larrive-un-bebe-sarkozy-pour-succeder-a-jean-pierre-soisson-30-01-2012-1425297_20.php

 

[8] Willem van de Kraats, « Le candidat frontiste de la première circonscription Richard Jacob se range derrière l’UMP » in L’Yonne républicaine, 14 juin 2012.

http://www.lyonne.fr/yonne/actualite/2012/06/14/le-candidat-frontiste-de-la-premiere-circonscription-richard-jacob-se-range-derriere-lump-1193765.html

 

[9] Laurent Opsomer, « Au nom de quelle idéologie… » in Double Neuf, 1er août 2011.

https://doubleneuf.nordblogs.com/archive/2011/08/01/au-nom-de-quelle-ideologie.html

 

Laurent Opsomer, « La terreur n’a pas de couleur » in Double Neuf, 15 décembre 2011.

https://doubleneuf.nordblogs.com/archive/2011/12/15/la-terreur-n-a-pas-de-couleur.html

 

[10] Constance Jamet, « Breivik aurait inspiré le tueur de Newtown » in Le Figaro, 19 février 2013.

http://www.lefigaro.fr/international/2013/02/19/01003-20130219ARTFIG00400-breivik-aurait-inspire-le-tueur-de-newtown.php

 

[11] Laurent Opsomer, « Amnistie sociale : fâcheuse coïncidence » in Double Neuf, 12 mars 2013.

https://doubleneuf.nordblogs.com/archive/2013/03/12/amnistie-sociale-facheuse-coincidence.html

 

[12] L’urgence de l’Yonne, par exemple, n’est pas l’immigration mais la désertification médicale. Pour lutter contre les déserts médicaux, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé, en décembre 2012, le Pacte territoire-santé, mis en place par les régions. Conseiller régional de Bourgogne et député du cru, Guillaume Larrivé est donc doublement concerné. En outre, Pierre Morel-A-L'Huissier, député UMP de la Lozère, a déposé le 13 mars 2013 la proposition de loi n°810 tendant à prévoir une année de stage obligatoire des étudiants en médecine dans les « zones à sous densité médicale ». Guillaume Larrivé a-t-il signé la proposition de loi de son collègue ?

http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion081...

21/01/2013

BLESSÉS EN SERVICE : LA DURETÉ DES CHIFFRES

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Haute-Savoie. Un policier municipal blessé dans un choc avec une camionnette.

Source : Le Dauphiné Libéré, 30 novembre 2012.

http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2012/11/30/un-policier-municipal

 

Selon l’USPPM (Union syndicale professionnelle des policiers municipaux), 87 agents municipaux ont été blessés en service en 2012. [1] Un chiffre dont personne ne peut mettre en doute la véracité au vu de la vigilance de cette organisation syndicale à ce sujet. Il est, néanmoins, souhaitable de nuancer cette donnée.

 

Sachant qu’il y a approximativement 18 500 agents de police municipale en France (un chiffre stable ces dernières années après deux décennies de hausse), on obtient donc un taux de… 0,47 %. A titre de comparaison, Le Figaro avançait le 23 octobre dernier le chiffre de 38 blessés par jour parmi les forces de police d’Etat, soit 10 331 policiers et gendarmes blessés en service à cette date. [2] Il ne s’agit bien évidemment pas d’opposer les blessés des uns aux autres, encore moins de les nier, mais de relativiser les faits et de ne pas tronquer la réalité.

 

Malgré les discours alarmistes de certains syndicats, force est donc de constater que ce n’est pas la profession la plus dangereuse. Comment, cependant, expliquer cette dichotomie ? En 2011, Laurent Mucchielli a apporté des éléments de réponse à cette question en soulignant que « les notions de "danger" et de "risque", qui sont centrales dans l’attitude et dans les représentations des policiers eux-mêmes, ne sont pas objectivées ni enseignées dans les écoles de police. La porte est ainsi ouverte au déni autant qu’à la dramatisation abusive. » [3]

 

Le déni proviendrait par exemple des discours hostiles par principe à la police, dénigrant le statut de fonctionnaire, dénonçant la passivité et l’absence de réactivité. La dramatisation abusive proviendrait par exemple des discours les plus sécuritaires présentant un danger criminel omniprésent et croissant, voire de ceux qui n’hésiteraient pas à prétendre qu’un criminel en puissance se cache derrière chaque citoyen et que le policier doit s’en méfier par principe. Allez faire de la proximité après ça… [4]

 

Il concluait que « La réalité est plus prosaïque. D’abord, le métier de policier présente effectivement des risques supérieurs à la moyenne, mais bien inférieurs à ceux d’autres professions. […] Côté évolution, à l’inverse de l’affirmation sécuritaire, l’on assiste à une baisse constante du nombre de policiers tués en service. […] Quant aux causes, les graphiques publiés par Stéphane Lemercier en annexe de son livre le montrent : on est loin là aussi de la mythologie guerrière. La première cause de décès des policiers dans les années 2000 sont les accidents (accidents de la route, incidents de tir, incidents à l’entraînement, crash d’hélicoptère, etc.). Les fusillades n’arrivent qu’en second et assez loin derrière. »

 

Au vu de cette réalité, l’argument de la dangerosité du métier en raison d’une supposée violence croissante de la société pour exiger l’armement de tous les policiers municipaux – car c’est la finalité – n’est donc pas pertinent, même s’il est à nouveau agité à l’approche du débat sénatorial à propos des polices municipales le 24 janvier prochain. D’ailleurs, comme l’a récemment exposé le SAFPT (Syndicat autonome de la Fonction publique territoriale), il existe une autre voie que la dramatisation à l’excès pour porter cette revendication, même si le policier municipal n’est « pas vraiment un policier » comme le regrettait Jean-Louis Del Pistoia en 2011. [5]



[1] Jean-Louis Del Pistoia, « Intervention de la police municipale » in USPPM, 19 janvier 2013.

http://usppm.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/01/19/intervention-de-la-police-municipale.html

 

[2] Christophe Cornevin, « Violences contre les forces de l’ordre : 38 blessés par jour » in Le Figaro, 23 octobre 2012.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/23/01016-20121023ARTFIG00577-violences-contre-les-forces-de-l-ordre-38-blesses-par-jour.php

 

[3] Ce constat de Laurent Mucchielli soulève indirectement un autre problème, celui de la formation des agents municipaux dans un contexte où la police municipale est en recherche de professionnalisation. La formation est aujourd'hui prise en charge par le CNFPT (Centre national de la Fonction publique territoriale). Pourtant, certains syndicats dont l’USPPM et le SDPM (Syndicat de défense des policiers municipaux) réclament la création d'une ou deux écoles nationales pour former les policiers municipaux. Une revendication récurrente : telle un serpent de mer, cette idée rejaillit à intervalles réguliers (lors des débats dans le cadre de la LOPPSI 2 par exemple), même si elle est dans les faits quasi enterrée par le ministère de l'Intérieur depuis 2010, qui préfère la création de pôles d'application au sein du CNFPT.

Lire également à ce sujet :

Jean-Christophe Poirot, « Police municipale : le défi de la formation » in La Lettre du cadre n°394, 1er février 2010.

http://www.lettreducadre.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/14429/TPL_CODE/TPL_REV_ARTSEC_FICHE/PAG_TITLE/Police+municipale+%3A+le+d%E9fi+de+la+formation/2102-fiche-article-de-revue.htm

 

[4] Laurent Muchielli, « "Victimes du devoir" : les policiers morts en service » in Vous avez dit sécurité ?, 11 juillet 2011.

http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/07/11/victimes-du-devoir-les-policiers-morts-en-service/

 

[5] Melanie Roddier, « Le policier municipal, "pas vraiment un policier" » in Zinfos974.com, vendredi 20 mai 2011.

http://www.zinfos974.com/Le-policier-municipal-pas-vraiment-un-policier_a28842.html